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(enseignants)-CHERCHEURS

Il reste encore un bon bout de chemin à faire avant que les (enseignants)-CHERCHEURS deviennent des enseignants-chercheurs.

Le tableau n’est pas tout noir, heureusement. De nombreuses universités ont un service d’accompagnement des enseignants, et même s’il est parfois très orienté outils numériques, la pédagogie y a en général une place (parfois très petite mais une place quand même). Certaines universités offrent des ateliers de formation pédagogique, voire une formation initiale. Certaines, tellement peu —mais certaines quand même—, prennent en compte les réflexions et projets pédagogiques développés pour la promotion et le recrutement des personnels.

Le problème c’est que, jusqu’à présent et dans la plupart des cas, le temps investi côté enseignement rend moins compétitif côté recherche que ceux qui n’en investissent pas. Et puis, en France du moins, l’aspect structurel (inséré dans les missions et services de l’université) de l’accompagnement pédagogique ne semble pas encore évident… la vague du moment est plus conjoncturelle, avec quelle pérennité (sachant que les « Investissements d’Avenir » se termineront en 2019)?

Le troisième volet des Investissements d’avenir affiche comme premier objectif le développement des innovations pédagogiques. En novembre 2016, Najat Vallaud-Belkacem a rappelé que 300 millions d’euros allaient y être consacrés, se félicitant d’avoir obtenu cet arbitrage à l’issue d’un « combat presque homérique ».  Extrait de « Les enseignants-chercheurs sont-ils vraiment des enseignants?« , article paru sur le blog du Monde Défi d’Amphis le 8 décembre 2016

 

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Le choc des mots, le poids des lingots

Certains mots se sont vidés de leur sens, ils sont devenus si légers et pourtant, ils permettent d’obtenir des lingots. Aujourd’hui, si vous répondez à un appel à projet, ne vous inquiétez pas en premier lieu du fond mais bien de la forme. Utilisez des mots-clés pour parvenir à mettre en place les projets que vous voulez.

Par exemple, vous pensez qu’il est grand temps d’offrir une formation pédagogique aux enseignants du supérieur. Mais comment mettre en valeur l’enseignement à l’université face à la recherche qui pèse bien plus lourd, comment montrer que les compétences en enseignements ne sont pas innées, comment faire en sorte d’obtenir les moyens de vos fins? En utilisant des mots-clés, vous pourrez écrire en quelque sort ceci (je l’ai fait, c’est un vrai mail rendu anonyme, et j’ai trouvé un écho positif) :

(…) une formation initiale pour enseignants (enseignants-chercheurs) en pédagogie innovante?
Une formation qui les amènerait à mettre en place de nouvelles forme d’enseignement, telles que l’approche-programme, le numérique pour repenser ses dispositifs d’enseignement, l’évaluation des apprentissages par le portfolio, etc.
Une formation qui serait co-organisée avec xxxxxx (notamment xxxxxx où ils sont internationalement reconnus pour leur expertise en pédagogie de l’enseignement supérieur) et xxxxxx (je pense notamment à xxxxxx où ils ont développé une vraie expertise autour des MOOC).
Une formation hybride, en partie en présentiel (résidentiel et ateliers dans les institutions) et en partie à distance.
Une vraie collaboration régionale avec des dispositifs suscitant la créativité pour innover dans ses enseignements…
Un projet d’excellence faisant appel au numérique pour innover en pédagogie. On aurait besoin d’un peu de ressources humaines pour mettre ça en œuvre et puis un peu de budget de fonctionnement pour offrir le résidentiel aux enseignants.

De la désexcellence ou la Slow Science

Le principe  part du constat que les chercheurs sont poussés à publier toujours plus, toujours plus vite mais pas forcément mieux.

L’idée est de promouvoir la publication de qualité plutôt qu’en quantité.

A l’ULB, c’est notamment Olivier P. Gosselain qui a lancé le mouvement.

L’atelier des chercheurs pour une désexcellence des universités a sa propre charte, soutenue par de nombreux membres du personnel de l’ULB.

Et au niveau de l’enseignement, le Recteur de l’UniL, Dominique Arlettaz, s’est insurgé dès 2012 contre l’excellence et pour la réussite.

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